Le ballon
Huile sur toile · 50 × 61 cm (encadrée) · 2023
Une scène de plage baignée de lumière dorée : un ballon, des silhouettes, l'insouciance d'un été au bord de mer.
Deux enfants, un ballon suspendu dans l'air bleu, et tout l'été tient dans ce geste. Les cabines rayées, le parasol, le sable pâle : la mémoire heureuse d'un rivage du Nord. On entend presque les rires que porte le vent. « Le ballon » fixe l'insouciance d'un jeu d'été sur le sable. Sous une lumière de fin d'après-midi, des silhouettes s'animent autour d'un ballon, dans les tons chauds d'une plage. Huile sur toile, le sujet léger est porté par une matière travaillée qui donne au moment sa densité. Une toile joyeuse, solaire.
C'est une toile de mémoire, pas d'observation. Les plages du Nord de mon enfance : les cabines rayées, le vent qui ne s'arrête jamais, et cette lumière de fin d'après-midi qui rend tout doré même quand il fait frais. Le ballon est venu tout de suite. Il ne fallait pas qu'il touche le sol — c'est lui qui suspend la scène.
Le ballon est peint très haut, presque hors du cadre, et c'est là que l'œil s'accroche. Les enfants, eux, sont des silhouettes rapides : trois ou quatre coups de pinceau chacun. En s'approchant, on voit que leurs visages n'existent pas. Les cabines, au fond, sont plus travaillées que les personnages — je voulais que le décor tienne pendant que les figures s'effacent.
La difficulté a été la lumière du sable. Trop jaune, la plage devenait méditerranéenne ; trop grise, elle perdait sa joie. J'ai fini par la construire en superposant un rose très pâle sur un gris chaud. Le cadre doré n'a pas été choisi après coup : je l'avais posé contre le mur pendant que je peignais, pour voir la toile telle qu'elle serait vue.
Huile sur toile de lin, présentée dans son cadre doré. La matière est plus légère ici que dans mes toiles de champs : le sujet est léger, la peinture devait l'être aussi. Le sable est posé en couches fines, presque transparentes, tandis que le ballon est le point le plus épais de la toile — le seul endroit où la peinture est franchement en relief.
Presque tout le monde y reconnaît quelque chose de son enfance, même ceux qui n'ont jamais vu ces plages-là. C'est ce qui m'a le plus surpris avec cette toile : elle est très située, et pourtant elle appartient à tout le monde.
Jérôme Wattebled « Le ballon », 2023 Huile sur toile, 50 × 61 cm (encadrée) Pièce unique, signée.