Le chemin
Huile sur toile · 50 × 73 cm · 2025
Une silhouette avance sur un sentier, entre champ de fleurs et montagnes, sous un ciel changeant. Une toile sur le mouvement et l'attente.
Dans « Le chemin », un marcheur solitaire suit un sentier qui file vers des montagnes, au milieu d'un champ semé de fleurs. Peinte en tons sobres, presque monochromes, la toile fait de la marche un sujet à part entière : avancer sans savoir où l'on va. Huile sur toile, œuvre unique — un paysage qu'on traverse plus qu'on ne le contemple.
Cette toile est partie d'une phrase, pas d'une image : avancer sans savoir où l'on va. J'ai cherché longtemps comment peindre ça sans être illustratif. La réponse a été de reculer le marcheur jusqu'à ce qu'il devienne minuscule, et d'allonger le sentier jusqu'à ce qu'on ne voie plus où il mène.
Le sentier entre par le bas de la toile et se perd avant les montagnes — il n'a pas de fin visible. Le marcheur est petit, de dos, et c'est important : on ne peut pas voir son visage, donc on prend sa place. Le champ, autour, est semé de fleurs peintes en tons sourds, presque éteints, pour ne pas concurrencer la marche.
J'ai travaillé cette toile en réduisant. À chaque séance je retirais une couleur. Elle a commencé assez vive et a fini presque monochrome. Le moment décisif a été d'abandonner le vert : sans lui, le paysage a cessé d'être aimable et est devenu un lieu de passage.
Huile sur toile de lin, palette volontairement resserrée — des ocres, des gris, un bleu très rabattu. Peu de matière, beaucoup de couches minces les unes sur les autres, ce qui donne cette surface un peu poudreuse. La toile absorbe la lumière au lieu de la renvoyer : elle se regarde de près.
Chemin, épreuve, recommencement : chacun met ce qu'il traverse. Une toile sur la marche est forcément une toile sur celui qui la regarde, puisqu'il est le seul à savoir d'où il vient.
Jérôme Wattebled « Le chemin », 2025 Huile sur toile, 50 × 73 cm Pièce unique, signée.